Les enjeux de la méthanisation

Mercredi soir, la commission agro-énergie de la communauté de communes, sous la houlette de son responsable Jean- Gérard Bourdu, avait convié les personnes intéressées à une réunion débat sur la méthanisation. Une trentaine de personnes, dont une majorité d’agriculteurs, a participé à la soirée.

Les différentes interventions étaient menées par Julien Michaud, chef du département dynamique environnentale et foncière ainsi que du service aux collectivité au sein de la Chambre d’Agriculture, Quentin Laurent, chargé d’étude méthanisation pour ASSELDOR (association des éleveurs de Dordogne), structure porteuse *des projets d’ingénierie pour la Chambre d’Agriculture et Thierry Guerin, éleveur laitier, responsable de la fédération départementale des CUMA.

Pour la majorité des participants à la soirée, le sujet, pourtant très médiatisé aujourd’hui, était totalement nouveau dans la découverte technique et professionnelle dont ils ont pu profiter.

Les principes généraux de la méthanisation ont été déclinés et précisés sur des diagrammes : la « bio-méthanisation » est la dégradation de la matière organique des déchets agricoles, qui permet la production d’un biogaz utilisé à des fins énergétiques et nourrit un « digestat » résidu de matières non gazeuses utilisé pour l’épandage sur les cultures. Cette transformation des fumiers et purins, mais aussi des végétaux et des déchets de l’industrie agro-alimentaire se fait au travers d’un « digesteur », parfois nommé « réacteur », vaste structure cylindrique en forme de yourte, qui active l’ensemble du process.

Les techniciens agricoles ont insisté sur l’importance du projet économique par la valorisation énergétique des exploitations, bien en amont du choix de l’outil choisi pour le réaliser.

La nécessité d’un apport saisonnier constant de matières à traiter, qui privilégie l’élevage en étables, et le coût élevé de l’installation ont alimenté une partie du débat. Sur le sujet, Thierry Guerin a apporté des précisions qui positivent ces initiatives, amorcées dès les années 2000 et dynamisées depuis par le programme national EMAA (plan Energie Méthanisation Autonomie Azote) qui prévoit 1000 à 1500 méthaniseurs en France d’ici 2020.